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Qu’est ce qui vous tient à coeur ?

L'art du recadrage

Remettre l'église au milieu du village

L’Art de Communiquer pour sortir de son cocon
par Minute Papillon

# RECADRAGE - 21/06/2020

J’adore remettre l’église au milieu du village, et vous ?

Aujourd’hui, je vous propose d’en apprendre un peu plus sur « les recadrages » en thérapie brève systémique et stratégique et de découvrir comment modifier une interprétation problématique pour y apporter le changement de posture et/ou de réalité désiré.

A quoi ça sert de « Remettre l’église au milieu du village  » ?

Cet adage prend tout son sens lorsque l’on souhaite modifier certains paramètres de notre réalité qui ne sont plus en adéquation avec nos valeurs et nos ressentis, lorsque l’on souhaite se faire entendre, ou encore lorsque l’on a besoin de clarifier nos intentions et nos propos.

Avant de nous plonger dans ce que j’appelle l’art de communiquer et afin de ne pas perdre de vue le cloché, je vous propose de faire un rapide détour dans le passé entre la Suisse, la France et la Belgique. Trois pays francophones qui donnaient un sens différent à cet adage. En France, cette maxime appelait à ce que les convenances et les traditions soient respectées, pour la Belgique, elle invitait à garder la tête froide, à ne pas entrer dans des conflits qui ne permettaient pas de « garder l’église au milieu du village ». Et enfin, en Suisse, cette métaphore sous-entend qu’il était important d’être le plus précis possible dans ses propos pour exprimer clairement quelque chose à quelqu’un qui ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre. C’est d’ailleurs par rapport à cette définition que je l’ai choisie pour illustrer ce qui va suivre.

La communication au sens large du terme se compose de pensées, d’intentions et d’actions. Elle est une base essentielle de toute relation et crée inévitablement une boucle interactionnelle entre les protagonistes de l’histoire que l’on nomme également « système ». Et comme pour tout système, quand celui-ci se grippe, nous cherchons des solutions, nous les mettons en œuvre et quand rien ne change, nous nous retrouvons impuissants face à une réalité qui nous dépasse.

Pourquoi est-ce que rien ne change, ... j’ai pourtant tout tenté, tout exprimé, tout expérimenté  ???

Dans un premier temps, il convient d’identifier ce qui tourne en tâche de fond dans notre récit comme une vieille rengaine obsolète pour se permettre de modifier les bons paramètres et activer les leviers du changement.

En thérapie brève systémique et stratégique, remettre l’église au milieu du village s’apparente à ce que l’on appelle dans le jargon « les recadrages » que le thérapeute effectue avant tout pour remettre le sujet qui pose problème au centre, à travers des questions simples, factuelles, « recadrantes » pour discerner les dissonances entre les intentions et les agissements. L’objectif est de verbaliser uniquement les faits comme ils se présentent aujourd’hui plutôt que de se perdre dans le récit d’une longue liste d’actes manqués noyés dans des intentions erronées et sans saveur car sensiblement modifiés dans leur essence par les affres du temps.

Remettre un cadre sur le  « ici et maintenant » a pour but de rendre le discours concordant et cohérent avec le présent.

 Le sens du cœur, au cœur du sens

Pour remettre au cœur du sens, le sens du cœur et surtout le conjuguer au présent, deux niveaux essentiels du récit sont à prendre en considération : les caractéristiques de la situation et la perception individuelle que s’en fait le protagoniste. Les recadrages partent de là et se dessinent au fil de la discussion. G. Bateson, dans son ouvrage Vers une écologie de l’esprit, illustre parfaitement la possibilité d’assouplir le système d’interactions entre l’individu et son milieu pour l’adapter à aujourd’hui et pour pouvoir sortir de nos impasses. « Dans le monde de la communication, les événements du passé ressemblent à une chaîne de vieux fers à cheval, et le sens constitué par cette chaîne peut être changé, il est même toujours en permanence en train de changer. Dans le présent, ne subsistent que des messages relatifs au passé, c’est cela que nous nommons souvenirs, et cela nous pouvons à chaque instant le recadrer et le moduler. »

 

Pour conclure, chacun sa réalité, chacun sa vision du monde et chacun sa vision de l’histoire, mais lorsque cette vision nous entrave dans nos raisonnements et maintient le statut quo d’une situation déplaisante plutôt que de la faire évoluer, je vous invite à la moduler, à déplacer le cadre pour ouvrir les perspectives et aller vers ce qui vous tient vraiment à cœur aujourd’hui.